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. . . . . . . . . . . . . . . Christine

 

 

. . . . . . . . . . . . . . . Elle s’appelait Christine, elle vivait non loin de moi et depuis tant de mois, nous nous promettions de nous revoir…

. . . . . . . . . . . . . . . « Bientôt » était notre phrase préférée. Pas par manque d’envie, mais plus par manque de temps.

. . . . . . . . . . . . . . . À noël, j’ai reçu une lettre, ce devait être sa dernière pour moi.

. . . . . . . . . . . . . . . De simples vœux écrits sur une très jolie carte fabriquée de ses mains, peut-être avec l’aide de ses enfants.

. . . . . . . . . . . . . . . Quelques mots, quelques pensées ! Je lui ai également retourner mes souhaits.

. . . . . . . . . . . . . . . Moi aussi je l’ai invité à entrer à nouveau dans mon univers. On s’était promis que cette année, 2005 ne serait pas une année de

. . . . . . . . . . . . . . . plus, mais bien l‘année d’une vraie rencontre. Pour sceller notre amitié de plus de 15 ans.

. . . . . . . . . . . . . . . Avec ses hauts et ses bas, avec les kilomètres qui nous séparent toujours plus, avec la vie qui change pour elle, pour moi,

. . . . . . . . . . . . . . . pour tout le monde. Mais avec une amitié qui dure.

. . . . . . . . . . . . . . . Une amitié qui n’a pas forcément besoin de quotidien, juste savoir qu’elle existe et que si jamais un jour…

. . . . . . . . . . . . . . . Ce jour est arrivé, jamais elle ne m’en a soufflé mot, jamais je ne m’en étais aperçu.
. . . . . . . . . . . . . . . Un soir d’avril, le téléphone sonne, Christine est hospitalisée dans un état grave.

. . . . . . . . . . . . . . . Coma depuis plus de dix jours. Sa mère au téléphone me parle d’elle, de sa vie, de ses deux adorables enfants.

. . . . . . . . . . . . . . . De ses amies proches d’elle, plus par la distance que pas affection, peut-être. Je ne sais pas.

. . . . . . . . . . . . . . . Elle me dit que Christine ne s’est pas réveillé un dimanche matin, que sa fille de 7 ans à peine,

. . . . . . . . . . . . . . . la retrouvée « endormie » dans son lit et qu’elle n’arrivait pas à la réveiller.

. . . . . . . . . . . . . . . Les secours, l’ambulance emmène Christine à l’hôpital pour ne plus jamais la laisser en ressortir.

. . . . . . . . . . . . . . . L’enterrement. L’intolérance de voir ses deux enfants ne pas comprendre ce que l’homme d’église pense et dit à haute voix.

. . . . . . . . . . . . . . . « Que Dieu a reprit un être de chaire et qu’il nous laisse ces souvenirs, son âme dans nos cœurs. »

. . . . . . . . . . . . . . . Pourtant ses deux petits bouts en auraient encore eu bien besoin, de leur maman.

. . . . . . . . . . . . . . . De quel droit la leur enlever, si vite ! Le papa s’en est allé refaire sa vie, il y a quelques années,

. . . . . . . . . . . . . . . et maintenant c’est la maman qui les abandonne. Les larmes, la peine, le chagrin est immense dans cette église

. . . . . . . . . . . . . . . trop petite pour accueillir toute ces proches. Christine s’en est allée dans un pays où on l’espère plus heureuse,

. . . . . . . . . . . . . . . moins souffrante de ce monde qui ne lui causait finalement que des malheurs, sauf peut-être les deux joyaux de sa vie.

. . . . . . . . . . . . . . . Ses deux enfants.
. . . . . . . . . . . . . . . Un sentiment d’injustice m’envahit le jour de notre dernier au revoir, mais ce n’est rien comparé au sentiment

. . . . . . . . . . . . . . . d’intolérance que j’ai connu une semaine plus tard.


. . . . . . . . . . . . . . . Christine n’a pas eu un malaise, comme raconter par sa maman lors de ce premier contact.

. . . . . . . . . . . . . . . Cela n’est pas uniquement la volonté de Dieu. Mais bien celle de cette maman qui,

. . . . . . . . . . . . . . . un jour décida de prendre suffisamment de médicament pour ne plus jamais se réveiller.

. . . . . . . . . . . . . . . Cette maman qui hurlait à qui voulait bien l’entendre combien elle aimait ses enfants, que plus rien pour

. . . . . . . . . . . . . . . elle n’avait d’importance du moment qu’elle avait ses deux adorables têtes blondes. Et pourtant…

. . . . . . . . . . . . . . . La fragilité de l’esprit peut entraîner une maman aimante dans l’impasse,

. . . . . . . . . . . . . . . que seul l’ultime départ semble avoir sauvé.


Écrit par Cédrine Samk en juillet 2005

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