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Les péripéties de Guiguine
Son Nounours, son mari
Elle a 15 ans lorsqu’elle le rencontre. Mais avant de s’apprécier,
ils vont d’abord s’étudier de loin. Ils font parti de la
même bande de copains, mais lui, les nanas ça ne l’intéresse
pas plus que ça. Même nettement moins que la bière qui
est posée devant lui. Alors un soir, Guiguine aidé d’une
amie, se lance un défi. Lui demander s’il préfère
les hommes, plutôt que les femmes. Tout se passe par téléphone
et de loin, Guiguine se sent « forte », n’est pas le moins
du monde intimidée. Seule sa maman l’est pour elle. En entendant
la conversation, elle lui demande si « elle se sent bien ? »
Leur histoire débute ainsi ! Un appel téléphonique, suivi
d’une invitation à dîner, en compagnie d’autres membres
du groupe. Spaghettis et sauce tomate pour le repas et en dessert… Guiguine
? Non pas encore. Mais leur complicité commence gentiment à
s’installer. Pendant que les copains sont au salon, Guiguine lui propose
de l’aider à la cuisine. Il frappe fort contre la table, le paquet
de pâte, le plastique de l’emballage éclate aussitôt.
Puis se retourne, une fourchette à la main et lui demande si elle veut
qu’il lui prouve sa préférence sexuelle. Là, maintenant,
tout de suite, sur la petite table de la cuisine ! Guiguine plus timide qu’au
téléphone rougit et tente une sortie de la pièce sans
perdre la face !
Nounours et Guiguine passe la soirée presque en tête à
tête, au milieu d’une foule qui se trémousse sur la piste
de danse ! Eux sont presque seul au monde. Ni l’un ni l’autre
ne se souviennent de leur discussion, mais jamais un silence ne vient perturber
leur moment. Ils étaient bien, pas envie de se mêler aux autres.
Il ne manquait que le premier bisou. Il vint, mais pas de suite. En toute
fin de nuit. Et depuis ils ne font que s’apprécier de plus en
plus. De se découvrir, d’apprendre à aimer leurs différences,
et finalement à grandir l’un à côté de l’autre.
A peine quelques jours après
cette première soirée, Nounours maladroit frappe trop haut sur
une sorte de punching ball dans une fête foraine. Trop haut signifie
carrément dans la barre métallique qui supporte le ballon. La
douleur est forte mais pas assez pour l’apeurer. Plus tard dans la journée,
Guiguine arrive à lui faire prendre le chemin de la pharmacie de garde
pour qu’on lui donne des calmants. Le poignet n’a pas enflé,
mais la douleur ne diminue pas, pire elle s’accentue. A peine arrivé
dans la pharmacie que ce grand Nounours de plus d’un mètre nonante
manque de tourner de l’œil ! Guiguine se trouvant soudain minuscule
face à ce géant, panique un peu et cherche des yeux une chaise.
Le pharmacien également le trouve très pâle et craint
qu’il ne s’écroule devant sa clientèle ! Le malaise
passe mais l’odeur des médicaments n’aide pas aux nausées
de Nounours. Le pharmacien lui ordonne presque d’aller faire une radio
pour se rassurer. Ca n’a pas l’air trop grave, il bouge presque
correctement le poignet, il n’a que peu enflé, ce n’est
peut-être qu’une foulure. Mais il faut prendre garde aux articulations
! Et chose dite, chose faite, en route pour la polyclinique. Résultat
le scaphoïde est bel et bien cassé. C’est un tout petit
os, on se poserait presque la question à quoi il peut servir, tant
sur la radio on le distingue mal. Mais il est là, il fait mal et il
faut le soigner. Sinon…
Plâtre, assurance, le voilà à l’entière disposition
de Guiguine pour l’emmener à l’école, aller la rechercher,
l’aider, si on peut dire, lors de ses devoirs. Ils passèrent
le plus clair de leur temps ensemble. Que le soleil assiste à leurs
baisers, ou que la pluie les rapproche lors des balades, rien ne vint perturber
leur bonheur, sauf… le moment des départs ! Guiguine a horreur
de ça et en souffre beaucoup. Mais elle est encore bien jeune et la
vie va se charger de lui apprendre à mieux laisser s’éloigner
l’amour pour qu’il revienne plus fort et grandit de l’expérience
!
L’été a passé
rapidement et l’automne les verra se rapprocher plus encore.
Guiguine a commencé un apprentissage et chaque soir Nounours passa
la chercher pour l’emmener chez elle, où il partage le repas.
Parfois ils s’arrêtent chez lui, le temps d’une douche,
qu’il enlève ses habits de chantiers pour enfiler jeans et sweat
propre. Puis en route pour la maison familiale de Guiguine.
Mais un soir, le destin leur fit prendre un autre chemin. Peut-être
le leur, peut-être un plus simple, sans trop d’embûche.
Un léger accident de scooter se chargea de changer leur vision. Un
gros chien, à la tombée de la nuit, vint leur couper la route.
Nounours n’a pas le temps de réagir. Guiguine ne comprend rien.
En moins de deux elle se retrouve par terre et s’interroge. Son genou
lui fait mal, mais l’important pour elle, c’est de retrouver au
plus vite celui qu’elle aime. Beaucoup de monde se trouve autour d’eux.
D’autres véhicules sont également impliqués dans
l’accident. Mais pas d’autres blessés. Guiguine a le genou
en sang, quand à Nounours, lui c’est au front qu’une petite
blessure laisse échappée un filet rouge. Bientôt une ambulance
et la police arrivent sur place. Lesquels en premier, ils ne sauraient le
dire. Et c’est pas très important, finalement ! Ils les emmènent
à l’hôpital presque aussitôt.
Pendant ce temps à la maison, personne ne semble s’inquiéter
de leur retard, sauf la maman qui se dit que le souper sera à nouveau
tendu à cause d’un retard. Elle espère qu’ils arrivent
bien vite, quand le téléphone sonne. Elle répond et son
cœur se met à battre plus vite. Les yeux dans le vague elle comprend
à peine ce qu’un monsieur lui dit :
« Bonsoir Madame, je vous informe que votre fille a été
victime d’un accident de la circulation. Nous l’avons emmené
à l’hôpital où elle est actuellement auscultée.
- Mais qu’est-ce qui s’est passé ? C’est grave ?
Elle va bien ?
- Je ne peux pas vous répondre, je suis l’ambulancier. »
Et c’est sans rien savoir de plus que le papi de Guiguine se rend à
leur chevet. En passant il voit l’accident mais ne s’y attarde
pas trop. Il croise même un policier que la famille connaît.
Heureusement rien de grave ne leur est arrivé. Il peut donc très
vite rassurer la maman de Guiguine et son petit frère. Un genoux ouvert
sous le choc de la collision entre sa peau et le bitume, quand à son
Nounours, lui c’est la clavicule qui lui pose problème. Finalement
ils s’en sortent bien.
Trois jours d’hôpital partageant le même étage mais
malheureusement pas la même chambre. Comme l’hôpital est
surchargé, Guiguine se retrouve à l’étage des hommes.
Mais un balcon rapproche les deux chambres et bientôt lui pourra se
lever pour partager du temps avec elle. Comme il vit seul dans un studio et
que personne ne prendra soin de lui, la maman de Guiguine propose de l’héberger
le temps de sa convalescence et l’annonce fut immédiatement accueillie
chaleureusement par les tourtereaux.
L’été 91 les
voit, pendant leurs vacances faire de la peinture. Mais pas n’importe
quelle peinture, et encore moins n’importe où !
Le patron de Nounours lui a fait « cadeau » d’une voiture,
une vieille carcasse, qui a déjà à son actif plus de
200 mille kilomètres et de trop nombreux chargements de divers produits
de chantier. Mais la couleur ne leur plait pas. Un vieux beige, avec une seule
ligne noire à l’horizontal. Il pense faire le contraire. La rendre
noire et lui mettre des lignes beiges tout le tour. Cette dernière
touche personnelle, uniquement pour être en règle avec les papiers
du véhicule.
Il achetèrent de la peinture, résistante aux intempéries
et à l’essence et quelques rouleaux et pinceaux. Et en avant
pour de merveilleux souvenirs sous un soleil de plomb. La peinture sèche
presque immédiatement en laissant ainsi des marques de chaque coup
de pinceaux ! Imaginez deux amoureux tourner autour d’une voiture, essayant
de ne pas avoir trop chaud, mais en plein mois d’août c’est
un peu difficile. Essayant également d’épargner l’autre
de trop d’éclaboussure.
Leur seconde voiture va subir le même sort. Le contrôle étant obligatoire pour cette dernière, ils décident de lui changer sa robe avant de la mettre en circulation ! Un peu de blanc crème, une touche de rose bonbon et pour finir un beau violet qui englobe l’arrière d’un break ! Non, je vous assure que ce n’est pas une voiture de nana. Mais Nounours aime ce qui est original, ce qui n’est pas conventionnel. Que ce soit le bruit du pot d’échappement, le design des jantes, la musique mise toujours trop fort ou la carrosserie, il aime faire remarquer sa voiture ! Ou lui ? Qui sait !
Mais avant
toute choses, Guiguine a la chance d’avoir lancé son lasso et
harponné un homme doux, tendre, sincère, gentil, sociable, joyeux,
bricoleur, bosseur, parfois trop ! Passionné par ces hobbies, qui ne
le serait pas ? Mais il y a encore des gens qui ne se passionnent pour rien
! Un bon papa, un bon mari, un homme qui aide au ménage sans rechigner,
qui fait le repas de temps en temps, qui offre des fleurs quelques fois dans
l’année, qui adore faire les courses, que ce soit pour nourrir
son monde ou pour le plaisir. Il n’est ni macho ni chochotte, ni dragueur,
et porte un intérêt pour la vie et les gens qui l’entoure
!
Mais cet homme qui pourrait paraître sans défaut, en possède
quand même rassurez-vous ! Pas romantique pour un sou, même pas
pour un centime, comme préciser dans le chapitre précédent.
Et manque parfois cruellement de patience. Personne n’est parfait !
Il doit bien en avoir d’autres mais Guiguine refuse de les dévoiler
! La coquine ! A vous de devinez !
Envie d'en savoir plus ?
Envie de relire le chapitre précédent ?
Même si ce ne sont là que des "tites Bêtises"...
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