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Concours Littéraire

 

 

Concours Nous Deux magazine

Thème : libre

Cloture : le 31 décembre 2008

Résultat : en mai 2009...

Cher participant au concours de la nouvelle,

Nous vous remercions de la confiance que vous nous avez témoignée à l'occasion du concours organisé par notre journal, mais votre texte n'a pas été sélectionné parmi les gagnants.

Nous vous confirmons, ainsi que le mentionne le règlement du concours, que nous ne pouvons malheureusement pas vous renvoyer votre manuscrit.

Nous vous informons que la nouvelle ayant remporté le premier prix sera publié dans Nous Deux le 19 mai prochain.

Cordialement.

 

En exclusivité pour vous, voici un extrait :

Kaïla regarde sa montre : dix heure vingt ! Ce cours annulé au dernier moment lui offre un peu plus d’une heure avant d’aller chercher Luis, son petit frère. Une heure rien que pour elle.
Toutes ses amies préfèrent se rendre au centre ville pour écouter les dernières musiques à la mode, mais Kaïla n’en a ni l’envie ni les moyens.

Elle place son sac en bandoulière sur son épaule et se dirige vers ce lieu de plénitude. Mais très vite, elle déchante. A la place du petit chemin près du rivage, ce sont des barrières qui l’accueillent. Elle met quelques secondes avant de réaliser, de se souvenir…
Hier soir, l’équipe de football d’Espagne est arrivée dans sa ville et avec… tout un dispositif de sécurité pour protéger les joueurs des fans et du bruit. Un couvre-feu a même été mis en place, tout comme un périmètre de sécurité.
Elle fait la moue… Trois semaines sans lire ses cours, sans dessiner ou simplement se reposer dans le seul endroit où elle ne rencontre personne… Cette esplanade c’est un peu son refuge. Elle contourne l’hôtel et vérifie l’autre accès. A sa grande surprise, son banc est accessible. Il lui faudra faire un détour, mais pour quelques minutes de tranquillité, elle se pliera volontiers à ce changement !

Elle est à mille lieues d’imaginer que quelqu’un l’observe, caché derrière une vitre, à l’abri des regards.
Alan, l’entraîneur adjoint, partage avec son ami, ses premières impressions sur l’accueil chaleureux reçu dans ce petit pays qu’il n’avait encore jamais visité. Le joueur l’écoute d’une oreille, alors que ses yeux scrutent le rivage. Le ciel, sombre au loin, apporte des couleurs incroyables à l’eau. Puis son regard est attiré par une silhouette. Une femme. Ses longs cheveux dansent au gré de la bise qui souffle légèrement. Elle dessine. Il sourit en l’observant.

En sortant du bureau le soir même, Pierrick n’est pas tranquille… il a besoin de parler à Kaïla, lui dire ce qu’il a fait pour obtenir un peu plus de temps… il se sent sali par son travail, trahissant une information personnelle pour quoi… trois questions de plus ?
Il l’appelle, mais tombe sur sa messagerie. Il passe devant son école, mais aucun étudiant ne s’y trouve. C’est trop tard, les cours sont finis depuis longtemps ! Il pense à la bibliothèque, mais elle est fermée. Il réfléchit quelques minutes avant de faire le tour des endroits que les frères de Kaïla préfèrent. Après plusieurs minutes à tourner dans toute la ville, il distingue enfin sa silhouette au bord d’un terrain de jeu, lisant un livre, pendant que ses frères frappent dans un ballon avec d’autres enfants du quartier. Pierrick s’approche de Kaïla doucement, coupe le moteur de son scooter, retire son casque et la surprend en posant une main sur son épaule.
« Oh… tu m’as fait peur.

« Je crois que j’ai fait une connerie.
- Vas-y raconte… s’impatiente-elle.
- Tu te souviens de ce matin ?
- Oui.
- Je t’ai dit que j’aurais aimé interviewer Raul Cassoli. Alors qu’elle hoche la tête il poursuit : et bien mon souhait a été exaucé.
- Quoi ? s’étrangle-t-elle en marquant un temps d’arrêt. Tu … tu as vu Raul Cassoli de près ? s’égosille-t-elle.
Il acquiesce en souriant, avant de reprendre son air grave.
« Ce n’est quand même pas ça qui te met dans cet état ? s’inquiète-elle.
- Non… tout s’est bien passé. Il m’a même proposé dix minutes de plus.
- Waouh…en échange de quoi ? ironise-t-elle.
- C’est bien là le problème. J’ai toujours prôné mon intégrité, que jamais je ne me laisserais avoir pour tel ou tel avantage.
- Oui, tu l’as toujours dit.
- Et là… ben je n’ai pas tenu ma promesse. Il faut dire que je n’avais pas beaucoup de temps pour réfléchir, dix minutes ça passe super vite… Je pensais que peut-être ça m’ouvrirait les portes pour un stage intéressant… Enfin je ne sais plus trop…
- Bon tu me dis ce que tu as fait de si horrible ?

« Ben voilà… tu t’es fait avoir. Il voulait voir ton intégrité et tu l’as déçu. Tu n’as pas respecté la vie privée d’une de tes amies, il s’est dit que tu dévoilerais pleins de trucs sur lui et qu’il ne pouvait pas te faire confiance. Je pense que ton papier ne vaudra rien, désolée…
- Je ne le pense pas !
- Mais pourquoi voudrait-il de mon numéro de téléphone ! Les belles filles lui tombent dans les bras sans même qu’il ne lève un sourcil. Et excuse-moi mais je ne suis pas une beauté fracassante.
- Tu es loin d’être moche !
- Oui… quelconque ! Mais pour quelqu’un comme lui, ça ne suffit pas. De plus, il est fiancé non ?
- Je ne sais pas. Moi les potins et les ragots… dit-il en reprenant sa marche.
- Et ce que tu as fait ce matin c’était quoi ?
- On a parlé que de foot. De son parcours, de ses jeunes années, de son pays mais pas une question ni sur son avenir et encore moins sur sa vie privée.
- Alors tu as peut-être une chance d’avoir été pris au sérieux.
- Tu sais… il avait les yeux pétillants en me parlant de toi.
- Oui… c’est ça ! Pétillants de fatigue ou il avait du mal à se retenir de rire. Arrête s’il te plait. Je ne t’en veux pas, mais ne t’enfonce pas plus.
- C’est vrai ? Tu n’es pas fâchée ?
- C’est toi qui devrais l’être. C’est toi qui t’es fait blouser.
- Ça je n’en suis pas sûr ! » dit-il d’un ton détaché.

Pierrick remonte sur son scooter et juste avant d’enfiler son casque, il lui demande :
« Si un jour, il s’avère que tu aies tort et moi raison… tu me le dirais ?
- A qui ? Au journalise ou à mon ami, ironise-t-elle.
- Je suis toujours ton ami !
- Je pense que oui…! Si tu me dégottes trois billets pour assister à un entraînement public de l’équipe d’Espagne au stade.
- Promis » dit-il avant de faire hurler son moteur.

Alan raccroche, alors que Raul s’approche une nouvelle fois de la fenêtre. Alors qu’il lui tourne le dos, Alan le questionne :
« Qu’est-ce qui se passe avec Lindsay ?
- Je ne sais pas… elle me pourrit avec sa jalousie, ses inquiétudes… elle m’énerve !
- Je croyais pourtant que tu…
- Ben tu t’es trompé et moi avec !
- En plus… si je peux me permettre, ce n’est vraiment pas le moment… Il faut absolument que tu t’éloignes de tout ça !
- Je sais ! Merci !
- Tu ne devrais penser qu’à l’Euro !
- Oui, monsieur ! Bien monsieur !
- Ok… j’ai compris ! Je te fous la paix. Mais… Et l’enveloppe ? Tu ne l’ouvres pas ?
- Non ! Bon, tu me laisses ou tu veux prendre ta douche avec moi ?
- Essaies de te calmer, ok ? » conclut Alan avant de sortir de la chambre.
Raul lance un dernier regard par la fenêtre, mais décidément… ce n’est pas aujourd’hui qu’elle viendra.

Les jours suivants, Kaïla évite le bord du lac et ses endroits favoris. Même si elle ne parvient pas à croire ce que Pierrick lui laisse entendre, elle n’a pas le désir de provoquer quoique ce soit.
La coupe d’Europe commence et avec… une première victoire de l’Espagne. Comme à chaque grande compétition, Kaïla partage les retransmissions télévisées avec son père. Si elle ne déteste pas le football, ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est ce moment qu’elle partage seule avec son père. Sa mère préfère se reposer et ses deux frères sont encore trop jeunes pour suivre tous les matchs surtout les veilles d’école. Souvent Kaïla prépare un plateau repas qu’elle dépose au milieu de la table du salon, profite de la mi-temps pour offrir un café à son père et finit de ranger la cuisine, pendant qu’il s’endort en regardant les meilleurs moments dans le journal de la nuit. Elle tente souvent de le réveiller, en vain. Et finit par déposer une couverture sur lui avant d’éteindre la télévision. Elle vérifie que rien n’a été oublié dans l’appartement, borde une dernière fois ses frères avant d’aller elle-même se coucher.

« Kaïla ? »
Elle relève la tête et le regarde, surprise.
« Pardon ?
- Kaïla… c’est bien… pff…votre prénom ? souffle-t-il entre deux respirations.
- Oui…
- Pff… excusez-moi. Je… pff… je reprends mon souffle. »
Il se penche, la tête en avant et cherche à calmer son corps. Kaïla, d’abord étonnée, finit par sourire devant ce spectacle inattendu. Au même moment, elle reçoit un appel. Elle décroche et une voix lui dit :
« Allô ?
- Bonjour, mon nom est Raul Cassoli. Je…
- Mais bien sûr ! Ecoute, Pierrick, c’est sympa, mais là je n’ai pas le temps ! Ciao » dit-elle en raccrochant.
Puis le doute l’envahit. Cet homme se tenant toujours face à elle, cet appel…
Elle rougit de ses pensées, mais aucun mot ne franchit ses lèvres. Son téléphone se fait à nouveau entendre. Elle observe de longues secondes, cet écran digital affichant un numéro inconnu. Ses mains tremblent, alors qu’elle décroche pour la deuxième fois.
« Ne raccrochez pas, please ! L’homme… Alan… It’s my coach.
- Je crois que c’est pour vous » dit à mi-voix Kaïla en tendant le téléphone à Alan.
Elle observe cet inconnu en tenue de sport, l’insigne de l’Espagne imprimé sur le torse. Il parle trop vite pour qu’elle puisse comprendre ne serait-ce qu’un mot, et n’essaie même pas. Elle n’a aucune envie de savoir. Elle aimerait juste pouvoir partir, s’éloigner et vite. Elle hésite, regarde de tout côté, elle pourrait s’enfuir, mais il a son téléphone collé contre son oreille… Ou alors hurler pour ameuter les passants, mais elle n’a pas le courage de se retrouver au cœur d’un scandale.
Lorsqu’il lui redonne son téléphone, elle ne sait toujours pas comment réagir. Par habitude, elle presse sur la touche rouge de son téléphone ce qui coupe instantanément la communication. Alan la regarde amusée.
« Ça ne doit pas lui arriver souvent !
- Pardon ? demande timidement Kaïla.
- A Raul… cela fait deux fois que vous lui raccrocher au nez. Il n’en a pas l’habitude !
- Oh… fit-elle en rougissant. Mais… c’était vraiment… ?
- Raul Cassoli ? Oui.
- Et… ?

Le chemin se fait en silence, alors qu’elle pense avoir trouvé suffisamment d’assurance en elle pour un tel entretien, la vue de la réception, les somptueux meubles, le volume et l’ambiance feutrée qui règne à l’intérieur de l’hôtel finissent par l’émouvoir plus qu’elle ne l’aurait souhaité. Ses pieds se scellent sur place, dès les dernières marches franchies. Alan, la devançant de quelques pas remarque son trouble, ainsi que le regard noir de la gouvernante principale. Il s’approche rapidement de Kaïla, glisse une main sous son bras et lui murmure à l’oreille :
« Ce n’est que du clinquant, rien de plus. Jouez la blasée, ne leur faites pas ce plaisir ! »
Docile, elle le suit, les yeux ronds d’admiration et la bouche légèrement entrouverte. Mais lorsqu’elle pénètre dans le petit salon prévu pour des réunions plus intimes et qu’elle voit Raul Cassoli s’approcher, elle panique. Elle cherche du regard la présence d’Alan. Elle lui murmure :
« Et… face à lui, vous avez une suggestion ? Blasée ? Timide ? Arrogante… ?

 

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écrit en novembre 2008