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Concours Littéraire
Concours Et si on s'écrivait !
Thème : Une nouvelle commencant par :
Je vous écris d'un jardin...
Cloture : fin de l'été 2005
Résultat : le 25 septembre 2005
Je n'ai pas gagné de prix, juste un téléphone m'annonçant que je figurais parmi les derniers lauréats que peut-être... après une énième relecture il serait possible que ma nouvelle paraisse dans le recueil qui renfermera les gagnants.
Mais malheureusement, lorsque j'ai recu le recueil en cadeau, ma nouvelle n'y était pas ! Peut-être une prochaine fois...
En exclusivité pour vous, voici ma nouvelle :
Je vous écris d’un jardin fleuri, rempli d’odeurs toutes plus enivrantes les unes que les autres. Je me suis assise en son centre, sur un banc en face d’un vieux chêne. Le même que celui de notre enfance. Le même qui assista en silence, à nos regards timides, à nos paroles maladroites, à nos envies qui jamais ne furent satisfaites. Ce vieux chêne reste malgré les années, plus solide et semble plus imposant que lors de nos balades amoureuses.
Vous souvenez-vous de ses parterres de fleurs ? Vous m’en cueilliez
une de chaque couleur pendant nos après-midi de rencontre. J’en
avais gardé une des années durant. Je la vois encore se ternir
jour après jour, sa couleur devenir fade, sa texture devenir rêche,
son odeur disparaître, mais pour moi elle restait la plus belle fleur,
puisqu’elle m’avait été donné par l’homme
de mon cœur.
Je peux bien vous l’avouez, maintenant. Mon cœur vous avait choisi.
La vie en décida autrement. Mais je vous aimais. Et je pense qu’aujourd’hui
encore…
Nous n’avons plus l’âge de passer nos après-midi
assis à même le sol, les yeux dans les yeux, à se tenir
la main en espérant ne pas être vus. Espérant rester cachés
des heures durant, juste vous et moi.
Un jour, ma mère nous surprit et ce fut la fin de notre Nous. Après
m’avoir enlevé à votre tendresse trop brusquement, elle
me demanda ce que nous faisions, seuls tous les deux dans un jardin public
sans chaperon ! J’ai répondu : Nous aimer ! Je reçus immédiatement
une gifle qui m’empêcha de poursuivre. Les traces rouges sur ma
joue restèrent longtemps, des marques que ma mère appelait «
les cicatrices de ma trahison ». Je savais que cela ne se faisait pas.
Je savais que je ne devais pas rester seule avec vous, à l’abri
des regards, et pourtant nous ne faisions rien de mal. Nous parlions à
peine, nous ne nous touchions pas. Ou alors du regard. Simplement le fait
d’être ensemble, d’être que nous, nous rendait heureux.
Nous serions aujourd’hui, tout ceci serait bien différent. Mais
nous sommes vieux. Nous aurions vingt ans prochainement, mes parents ne m’interdiraient
pas de vous voir. Au contraire, ils aimeraient vous connaître, vous
parler. Aujourd’hui nous serions libres de nous aimer. Que vous soyez
riche ou pauvre, que je sois blanche ou noire, les tabous sont tombés,
et mono amour pour vous en renaît. Me pardonnerez-vous ces années
de silence ? Viendrez-vous à notre cinquantième anniversaire
de rencontre sous ce même chêne ?
Je vous y attendrai samedi en huit toute la journée durant, sous la
pluie et le vent, sous le soleil de plomb, jamais je ne m’en irai, si
ce n’est à la tombée de la nuit, comprenant ainsi que
votre amour pour moi n’existe plus !
Envie de partager vos
impressions ?
Faites-le moi savoir.
écrit en été 2005