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Un bouquet de sentiments

 

 

Chapitre 1

 

« - Coucou Maman, c’est moi. Je suis rentrée !
- Bonjour ma puce, comment vas-tu ? C’était bien l’école ?
- Oui super ! Et tu sais maman, je dois apporter une photo de moi quand j’étais tout bébé !C’est pour la fête de l’école. Y aura un jeu et les personnes devront deviner qui était qui ! Il y aura sur une grand tableau d’un côté les photos de nous actuelles et de l’autres les photos de nous bébés !
- C’est chouette ça. Tu m’as l’air bien excité en tout cas, Lauryne.
- Oui c’est génial ! Et aujourd’hui la maîtresse nous a déjà pris en photo, avec des photos qui se sont développés toutes seules et qu’on a déjà pu voir. C’était génial.
- Et tu dois l’apporter quand ta photo de bébé ?
- Le plus vite possible, on peut chercher maintenant maman ?
- Non, vous devez d’abord faire vos devoirs, je dois aider ta sœur pour sa lecture et ensuite faire le repas. On regardera ton album après le souper. »

Une fois les devoirs terminés, le repas avalé plus vite que son temps de préparation, les filles se sont mis en pyjama pour qu’une fois la recherche de la photo terminée, elles n’aient plus qu’à se brosser les dents.
Joëlle, quant à elle fini de ranger sa cuisine, prépara une carafe de limonade, un paquet de biscuit pour le dessert ajouta 3 verres et apporta le tout sur un plateau au salon.
Célia se joint à elles. Elle veut aussi se revoir bébé, même si elle n’a gardé aucun souvenir. Se dire que ce petit bout de chou tout mignon comme dit son papa c’est elle, elle en est très fière ! Et elle adore voir qu’elle a grandit, ça lui montre les progrès qu’elle a fait. Elle aime aussi revoir les photos des vacances, où son papa est avec elle. Qu’il partage chaque instant. Pourquoi ce n’est pas comme ça tous les jours ? Pourquoi il ne vit pas avec nous en permanence ? Pourquoi ne rentre-t-il pas chaque soir comme la plupart des papas ? Se demande-t-elle sans arrêt !
Elle sait que son travail l’emmène souvent en voyage mais elle trouve cela injuste. Toutes ses copines ont leur papa tous les soirs pour faire des bisous, s’amuser, mais aussi pour contrôler les devoirs ou tout simplement pour regarder la télévision. Elle, elle doit se contenter de le voir que le week-end et encore. En plus, elle doit le partager avec sa grande sœur et leur mère. Parfois elle envie sa copine Rebecca, elle n’a ni frère, ni sœur et son papa travaille dans un magasin au village, elle peut donc le voir quand elle en a envie. En sortant de l’école, à midi, le soir, tout le temps.
Lauryne est plus proche de leur mère, et parfois Célia se sent jalouse de leur complicité. Elle adore sa mère mais, c’est peut–être justement parce qu’elle le voit moins qu’elle veut se rapprocher de son père. Elle le voudrait pour elle toute seule, enfin pas tout à fait, mais presque !
Peut-être la grande différence entre les deux sœurs, c’est que Lauryne s’est rapproché de leur mère peut-être pour ne jamais être en manque de câlins, être toujours rassurer par sa présence, quant à Célia, plus indépendante se sent plus proche de son père et l’idéalise peut-être un peu trop. C’est peut-être l’âge qui veut ça, mais c’est son papa et comme beaucoup de petite fille, elle l’aime énormément, peut-être trop passionnément. Et souffre beaucoup de ses absences.
Les 3 femmes passèrent en revues les différents albums de bébés des filles. Elles vécurent un bon moment, Joëlle adore se plonger dans ses souvenirs. Elle leur raconte plein d’anecdotes sur telle ou telle photos. L’album des premières fois… premier bain, premier visiteur, première sortie en voiture puis en poussette, premier sourire, première dent, premier pas… jusqu’au premier jour d’école. Un album pour Lauryne et un pour Célia. Sans oublier, les anniversaires, les fêtes de Noël, les vacances, les photos prises à l’école.
Puis l’horloge indiqua 20h30. Célia bailla en même temps que le ding dong de la pendule et Joëlle leur demanda d’aller se laver les dents.
Elle monta peu après, leur faire un dernier bisou et lorsqu’elle poussa la porte de la chambre de sa cadette, cette dernière se releva dans son lit et dit :
« - Maman ?
- Oui ?
- Papa n’a pas appelé ce soir, pourquoi ?
- C’est vrai, il ne l’a pas fait. Mais je suis sur qu’il appellera demain
- Encore combien de nuits maman ?
- Dans 3 nuits ma puce, papa sera rentré, promis. Dors bien ma poupée »

Christophe n’avait pas appelé pour dire bonne nuit à ses filles, et même si ça lui arrivait d’être trop occupé, il se débrouillait au moins pour faire sonner le téléphone, ce qui signifiait : « Coucou c’est papa. Je suis très occupé mais je pense fort à vous. Bisous ».
Ce silence ce soir n’inquiéta pas Joëlle. Il avait dû oublier l’heure et il appellera plus tard pour s’excuser ! Sinon c’est elle qui l’appellera avant de s’endormir. Elle n’aimait pas plus que sa fille de ne pas avoir son homme à ses côtés mais elle savait que sa vie indépendante bien en dehors de la vie de famille le comblait à merveille et qu’il adorait son travail. Le retrouver chaque week-end heureux et calme prêt à s’offrir un maximum à son épouse et à ses filles, lui faisait oublier tous les autres jours, pas toujours facile !
Cette soirée en compagnie de ses filles lui avait bien plu et elle n’avait qu’une envie replonger le plus vite possible dans d’autres souvenirs… ceux de son mariage, ceux des vacances, soit en famille, en couple ou encore entre amies….
Elle alla à la cuisine, mis les verres dans le lave-vaisselle, rangea le paquet de biscuits entamé et se fit un café. Elle le déposa sur la table basse du salon, remis deux grosses bûches dans la cheminée. L’automne, un peu en avance cette année rafraîchissait considérablement la température de la maison. Et un bon feu redonnait de la chaleur et presque une présence. L’impression d’être moins seule, entendre les crépitements du bois sous la force des flammes lui suffisait comme seul bruit dans la maison. Doux, parfois surprenant, toujours d’une lumière agréable, un feu dans une cheminée apportait une certaine sérénité à Joëlle.
Elle se dirigea vers la bibliothèque, et regarde tour à tour les albums de photos. Elle porta son choix sur un grand de couleurs gris argent. Celui de leur mariage, 9 ans auparavant.
En soulevant l’album de l’étagère une photo tomba à terre. Joëlle se baissa pour la ramasser et en la voyant changea totalement d’expression. Son cœur se mit à battre la chamade…

 

 

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